Avec La Marmite Infernale, Heldon, Jac Berrocal, Bernard Lubat…
Avec ce premier volet de Spirale Intérieure, Solénoïde ouvre une nouvelle série consacrée aux marges les plus fertiles de la création française. Des années 1970 au début des années 2010, cette traversée rassemble des musiciens et formations qui n’ont cessé de circuler entre les disciplines : rock progressif, jazz libre, musique contemporaine, chanson, électronique, cinéma, danse et théâtre.
Le voyage s’ouvre dans le clair-obscur expressionniste d’Art Zoyd, dont la partition composée pour Nosferatu transforme le film de Murnau en chambre d’échos inquiétante. René Aubry lui succède avec une écriture plus intime, où instruments acoustiques et textures numériques façonnent un espace narratif en apesanteur. À Uzeste, Bernard Lubat malaxe ensuite les mots, les rythmes et les accents gascons avant que Bruno Coulais ne fasse entrer dans le programme le souffle ample de la musique de film.
Fred Pallem et son grand orchestre imaginent alors le générique de films qui n’existent peut-être que dans nos têtes, tandis que la trompette de Jac Berrocal fracture les frontières entre free jazz, rock et musique concrète. André Minvielle et Lionel Suarez poursuivent la spirale en transformant voix et accordéon en laboratoire poétique. La Marmite Infernale porte ensuite l’ensemble à ébullition dans un formidable bouillon collectif issu de la scène lyonnaise.
La dernière partie replonge dans les foyers les plus incandescents des années 1970. Catherine Ribeiro + Alpes propulsent la chanson française dans une transe cosmique et militante, tandis qu’Heldon branche la guitare électrique sur les machines analogiques. Pascal Comelade referme enfin la boucle avec ses mélodies miniatures, ses pianos-jouets et sa poésie délicieusement déviante.
Une excursion hexagonale sans ligne droite, habitée par la liberté, la fantaisie, le mystère et un solide goût de la démesure.










