Pochette de l'album "Landscapes of Eternity" par l'artiste Naïssam Jalal

Naïssam Jalal

Landscapes of Eternity

world
Label

Les Couleurs du Son

Origine

France

Année de sortie

2026

Pochette de l'album "Landscapes of Eternity" par l'artiste Naïssam Jalal

Naïssam Jalal

Landscapes of Eternity

world
Label

Les Couleurs du Son

Pays

France

Année de sortie

2026

NAÏSSAM JALAL | Landscapes of Eternity

Il est des albums qui ne décrivent pas des paysages : ils les font respirer en nous. Avec Landscapes of Eternity, Naïssam Jalal transforme l’écoute en traversée lente, en marche intérieure, en géographie sensible. Ce disque ne cherche ni l’effet ni l’exotisme : il ouvre un espace de résonance où la flûte, la voix, la mémoire et la lumière semblent avancer ensemble, dans une même clarté méditative.

Un disque qui ne voyage pas en surface

Paru en mars 2026 sur le label Les Couleurs du Son, Landscapes of Eternity est né d’une immersion de plusieurs mois en Inde du Nord, où Naïssam Jalal a parcouru paysages et lieux sacrés, rencontré maîtres et musiciens, et approfondi un lien déjà ancien avec la musique hindoustanie. Depuis plus de vingt ans, cette tradition irrigue son rapport au silence, à la nuance, à la profondeur et à une certaine forme d’apaisement intérieur. Ici, elle n’est ni décor ni référence plaquée : elle devient matière vivante, souffle, axe profond du disque.

Ce qui frappe immédiatement, c’est la qualité de présence de cette musique. Landscapes of Eternity n’avance jamais comme une démonstration savante, mais comme une suite d’états de lumière. Naïssam Jalal y compose une fresque contemplative, sensorielle, impressionniste, nourrie par ses sensations tout en restant reliée explicitement à la source traditionnelle. On n’y entend pas un dialogue forcé entre deux mondes, mais une même respiration qui relie l’intime, le paysage et la mémoire.

Une musique qui ne survole pas le paysage : elle l’habite, puis nous y installe.

Une musique qui apaise sans endormir, qui élève sans s’abstraire, qui contemple sans se retirer du monde.

La flûte comme véhicule d'un paysage intérieur

L’instrumentation dit beaucoup de la singularité du projet. Autour de Naïssam Jalal à la flûte et à la voix, on retrouve Samrat Pandit au chant, Sougata Roy Chowdhury au sarod, Leonardo Montana au piano, Zaza Desiderio à la batterie, Nabankur Bhattacharya au tabla et Flo Comment à la tanpura. Cet ensemble donne au disque un équilibre rare : enraciné sans raideur, contemporain sans rupture artificielle, spirituel sans emphase.

Le piano y apporte une transparence fluide, le sarod une densité presque minérale, le tabla et la tanpura une pulsation discrète mais essentielle. Quant à la flûte de Naïssam Jalal, elle agit moins comme un instrument soliste que comme une force de circulation : elle ne domine pas les pièces, elle les traverse, les éclaire, les ouvre. C’est elle qui relie les brumes, les rivières, les champs, les lueurs nocturnes et les paysages intérieurs suggérés par les titres. Une flûte qui ne commente pas le monde : elle en prolonge la respiration.

Cinq pièces, cinq états de l'air

Les cinq morceaux du disque ressemblent à cinq seuils. “Tears in Delhi’s Fog” déploie une brume émotionnelle dense, où la ville semble s’effacer dans une vapeur de mémoire. “Bath of Forgiveness in the Moonlight” installe un climat de purification nocturne, presque rituel, où la musique lave davantage qu’elle n’affirme. “Soft Rain on a Silent River” étire quant à lui le temps avec une douceur liquide, comme si chaque note tombait dans une eau déjà pleine de silence.

Avec “In the Rice Fields at Dawn”, l’album s’ouvre à une lumière plus terrestre, plus tactile, presque nourricière. Puis “Inner Landscape in Raag Kafi” referme la traversée en ramenant le dehors vers le dedans : après les brouillards, les pluies et les champs, c’est finalement le paysage intérieur qui devient le plus vaste. Le disque suit ainsi une trajectoire très fine : du monde observé vers le monde ressenti, de la marche vers l’écoute, de la vision vers la résonance.

Plus qu’un voyage sonore, Landscapes of Eternity propose une autre vitesse d’écoute.

  • Sortie : 27 mars 2026
  • Label : Les Couleurs du Son
  • Release party : 11 juin 2026, New Morning (Paris)
  • Singles : “Tears in Delhi’s Fog”, “Bath of Forgiveness in the Moonlight”, “In the Rice Fields at Dawn”

Une oeuvre de patience, d'étude et de liberté

Ce disque possède la beauté des œuvres longuement mûries. Ces dernières années, Naïssam Jalal a nourri ce projet par l’étude de la littérature, du cinéma et de l’histoire du sous-continent indien, tout en approfondissant sa connaissance de la musique hindoustanie auprès de différents musiciens. En janvier 2023, elle a notamment passé un mois auprès du maître du bansuri Hariprasad Chaurasia, avant de suivre également l’enseignement de la chanteuse Indrani Mukherjee entre 2023 et 2025. Cette traversée donne au disque sa densité : rien n’y paraît décoratif, tout y semble vécu, assimilé, transformé.

Avec Landscapes of Eternity, Naïssam Jalal réussit ainsi une forme rare de justesse : une musique de recueillement qui reste profondément incarnée, une musique qui apaise sans endormir, qui contemple sans se retirer du monde. Un disque qui ne cherche pas à impressionner, mais à élargir la perception. Et c’est peut-être là sa plus belle force : nous rappeler qu’écouter peut encore être une manière d’habiter plus intensément le vivant.

Tracklist

Landscapes of Eternity | 2026

A propos de Naïssam Jalal

Flûtiste, vocaliste et compositrice, Naïssam Jalal s’est imposée au fil de ses albums comme l’une des grandes voix de la scène jazz contemporaine. Son travail tisse des liens entre cultures musicales, imaginaires et mémoires, dans une écriture libre, profonde et singulière. Récompensée notamment par le Grand Prix de l’Académie Charles Cros 2017, une Victoire du Jazz 2019, le Prix des Musiques d’ICI 2020 et le Premier Prix Jazz de l’International Songwriting Competition 2022, elle a également été nommée Chevalière des Arts et des Lettres en 2023. À la tête de plusieurs formations, elle poursuit une œuvre exigeante qui redonne au mot liberté toute sa densité.

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