Pochette de l'EP "Sparks" par l'artiste Simon Goff

SIMON GOFF

Sparks

ambientelectrosoundtracks
Label

Grand Chess Records

Origine

Berlin, Allemagne

Année de sortie

2026

Pochette de l'EP "Sparks" par l'artiste Simon Goff

SIMON GOFF

Sparks

ambientelectrosoundtracks
Label

Grand Chess Records

Pays

Berlin, Allemagne

Année de sortie

2026

SIMON GOFF | Sparks 

Avec Sparks, Simon Goff ne publie pas un simple disque satellite autour de Spark Like Living Mothers : il ouvre une chambre d’échos où la matière d’origine se laisse à nouveau traverser, déplacée, rêvée, réinventée. Entre électronique texturée, mémoire chorale, gestes néoclassiques et visions obliques, ce court format agit comme une cartographie de transmissions : de Thomas Tallis à Goff, puis de Goff à Kaitlyn Aurelia Smith, Masayoshi Fujita, Anne Müller et Pye Corner Audio. Quatre réappropriations, quatre manières d’attiser une même braise.

Quand une œuvre se transmet, elle ne se répète pas : elle se propage

De Tallis à Goff, puis de Goff aux autres

À l’origine, il y avait If Ye Love Me de Thomas Tallis, motet du XVIe siècle devenu, sous les doigts de Simon Goff, le noyau secret de Spark Like Living Mothers en 2023. Ce premier disque, né comme accompagnement instrumental pour une pièce de danse, métamorphosait déjà une matière ancienne en une forme suspendue, immersive, traversée de cordes, d’électronique, de percussions accordées et de voix comme venues d’un autre plan de conscience.

Sparks pousse plus loin encore cette logique de mutation. Ici, le compositeur britannique installé à Berlin ne fige pas son langage : il l’expose. Il le laisse circuler. Il invite Kaitlyn Aurelia Smith, Masayoshi Fujita, Anne Müller et Pye Corner Audio à reprendre le flambeau, non pour illustrer l’œuvre initiale, mais pour en faire repartir les braises dans quatre directions distinctes.

Sparks rappelle qu’une idée musicale n’est jamais totalement close. Elle peut encore produire des braises, des reflets, des écarts.

Quatre relectures, quatre climats de combustion

Le plus beau dans Sparks, c’est peut-être cela : aucun des artistes conviés ne cherche à “améliorer” Simon Goff. Tous cherchent autre chose. Une bifurcation. Une densification. Un déplacement du regard.

Kaitlyn Aurelia Smith, sur “Beyond the Clouds”, semble ouvrir des fenêtres dans la matière. L’espace s’y élargit, l’air circule autrement, comme si la composition quittait la chambre intérieure pour gagner une altitude nouvelle. Masayoshi Fujita, avec “Now Their Pain is Sugar”, travaille la délicatesse comme un art du miroitement : chaque résonance paraît déposée avec une patience presque minérale. Anne Müller, sur “The Learning of the Eye”, accentue la dimension organique et introspective du matériau, au point de donner l’impression que la musique respire sous la peau. Quant à Pye Corner Audio, il referme le disque avec “The Yet to Come” en l’orientant vers une pénombre plus trouble, plus spectrale, où l’anticipation et la mémoire finissent par parler d’une seule voix.

Ce ne sont pas des remixes au sens décoratif du terme. Ce sont des transmissions. Des traductions sensibles. Des gestes d’écoute active.

Tracklist

Sparks | 2026

Il y a des disques qui prolongent une œuvre. Et puis il y a ceux qui la remettent en mouvement.

L’élégance du trouble

Le titre Sparks n’a rien d’anodin. Il dit l’étincelle, bien sûr, mais aussi le contact, le frottement, l’instant où deux surfaces se rencontrent et produisent autre chose qu’elles-mêmes. Le disque tout entier repose sur ce principe. Entre cessation et renouveau, disparition et reprise, il met en scène un art du seuil. Rien n’y est frontal ; tout y glisse, s’y reformule, s’y reconfigure.

Visuellement, la pochette accompagne parfaitement ce mouvement : fond noir profond, tracés colorés comme des néons peints à la main, signes flottants qui ressemblent à des fragments d’alphabet, de circuit ou de calligraphie futuriste. Le vide central n’est pas un manque : c’est l’espace où les formes peuvent encore advenir. C’est exactement ce que l’on entend dans la musique.

Le son comme architecture émotionnelle

Simon Goff possède ce rare talent de faire dialoguer la précision technique et la charge affective sans jamais transformer l’une en démonstration ni l’autre en pathos. Violoniste de formation classique, producteur, compositeur pour le cinéma et la télévision, il travaille le son comme un architecte de l’instable. Son œuvre solo, de Vale à Spark Like Living Mothers, puis maintenant Sparks, repose sur une intuition forte : la texture peut raconter autant qu’une mélodie.

Cette sensibilité irrigue aussi son parcours hors format album. Lauréat d’un Grammy Award, collaborateur de Hildur Guðnadóttir sur Chernobyl et Joker, compagnon de route de Jóhann Jóhannsson, Apparat, Peter Broderick ou Federico Albanese, Goff a su construire une pratique transversale où la salle de concert, le studio et l’écran ne sont pas des mondes séparés, mais des chambres communicantes.

Avant même Sparks, il y avait déjà une première traversée du feu. Avec Spark Like Living Mothers, Simon Goff transformait le motet If Ye Love Me de Thomas Tallis en une matière sonore immersive, mouvante, suspendue entre mémoire chorale et électronique texturée. Sparks prolonge aujourd’hui cette chaîne de métamorphoses : l’œuvre réinventée devient à son tour un point de départ pour quatre nouvelles relectures signées Kaitlyn Aurelia Smith, Masayoshi Fujita, Anne Müller et Pye Corner Audio. Une anecdote qui dit beaucoup du projet : chez Simon Goff, la musique ne se contente pas de naître — elle se transmet, se transforme et se rallume d’artiste en artiste.

Une œuvre sur la fécondité des échanges

Ce que célèbre Sparks, au fond, ce n’est pas seulement la relecture. C’est la fécondité de l’échange artistique. Tallis devient Goff. Goff devient quatre autres possibles. Et chacun de ces possibles éclaire rétroactivement la source. Le disque rappelle ainsi qu’une œuvre vivante n’est pas une forme close, mais une réserve de devenirs.

Dans un paysage musical saturé de recyclages rapides, Sparks propose tout autre chose : une réutilisation habitée, attentive, presque philosophique. Une manière de montrer que reprendre, ce n’est pas répéter ; c’est raviver.

A propos de Simon Goff

Compositeur, producteur et violoniste britannique basé à Berlin, Simon Goff évolue à la croisée de la musique contemporaine, de l’électronique expérimentale et de la composition pour l’image. Reconnu pour ses performances immersives et ses bandes originales saluées par la critique, il développe une œuvre exigeante, sensorielle et profondément transformatrice, où l’innovation sonore reste toujours au service d’une émotion fine.

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