Pochette de l'album "Tears of English Town" par l'artiste Boris Maurussane

BORIS MAURUSSANE

Tears of English Town

cyber-jazzsoundtracks
Label

WW2W / Hot Puma Records

Origine

Paris, France

Année de sortie

2026

Pochette de l'album "Tears of English Town" par l'artiste Boris Maurussane

BORIS MAURUSSANE

Tears of English Town

cyber-jazzsoundtracks
Label

WW2W / Hot Puma Records

Pays

Paris, France

Année de sortie

2026

BORIS MAURUSSANE | Tears of English Town

Sous ses airs de pluie fine et de maison de bois au crépuscule, « Tears of English Town » déploie une pop luxuriante, impressionniste et intensément habitée. Boris Maurussane y croise l’élégance de Robert Wyatt, les mirages harmoniques de la musique brésilienne, les raffinements du jazz arrangé et les couleurs de Debussy ou Ravel, pour composer un disque ample, délicat, presque cinématographique. Une œuvre où les larmes deviennent prismes, et où la beauté persiste comme une forme douce de résistance.

Une maison de bois pour abriter les mirages

La pochette montre un hangar, des planches dressées, du bois empilé, une lumière orangée qui semble hésiter entre fin du jour et lendemain possible. C’est peut-être là que commence vraiment Tears of English Town : dans ce lieu de réserve, d’atelier, de matière brute. Boris Maurussane y entre comme on pousse la porte d’une menuiserie sonore. Les chansons ne sont pas seulement composées : elles paraissent sciées, poncées, vernies, assemblées avec une patience d’artisan et une imagination d’architecte.

Le titre annonce des larmes, mais le disque refuse la noyade. Il préfère l’état suspendu qui suit la pluie : ce moment où l’air sent encore l’orage, mais où la lumière revient par les fissures. Tears of English Town avance ainsi entre mélancolie et béatitude, entre ruissellement intérieur et floraison harmonique.

Une œuvre précieuse sans préciosité, savante sans froideur, luxuriante sans surcharge.

Des chansons en apesanteur, mais les pieds dans le chaos

Boris Maurussane parle ici une langue pop d’une densité rare. Les filiations existent, mais elles ne servent jamais de décor figé. On entend, dans les plis de l’album, l’élan harmonique de la musique populaire brésilienne (Jobim, Milton Nascimento, Chico Buarque), l’élégance savante de Robert Wyatt, des Beach Boys, de The High Llamas ou Stereolab, le raffinement du jazz arrangé et de la Third Stream Music, mais aussi les irisations de Debussy, Ravel, Stravinsky, Philip Glass ou Steve Reich.

Cette généalogie pourrait peser lourd. Or l’album flotte. Il n’empile pas les références : il les dissout dans une matière neuve. Les morceaux deviennent des chambres climatiques, des paysages mobiles, des miniatures qui savent soudain ouvrir de grands panoramas. C’est une pop luxuriante, oui, mais jamais décorative. Une pop qui pense en timbres, en contrepoints, en suspensions, en nervures.

Tracklist

Tears of English Town | 26 juin 2026

Une pop orchestrale qui ne gonfle jamais le torse : elle ouvre les fenêtres.

Un herbier orchestral

L’une des grandes beautés de Tears of English Town tient à son instrumentation foisonnante. Autour des guitares acoustiques, électriques et douze cordes, du Vox organ, des synthétiseurs Tetra, Buchla ou Pro One, se déploie une véritable flore orchestrale : piano, Fender Rhodes, trompette, bugle, trombone, saxophones, flûtes, clarinette, hautbois, basson, cor, cordes, contrebasse, harpe, vibraphonette.

La section rythmique donne de l’élan, les vents ouvrent des fenêtres, les cordes installent des nappes impressionnistes, la harpe dépose des reflets, les synthétiseurs créent des plis modernes dans le tissu mélodique. Rien n’est décoratif. Tout participe à cette sensation de paysage mouvant, comme si les chansons avaient été peintes sur plusieurs couches transparentes.

La collaboration avec Stéphane Laporte / Domotic et Hadrien Grange élargit encore le champ psychédélique et électronique du disque. Quant au mixage, assuré par Domotic et Emmanuel Mario / Astrobal, il donne à l’ensemble un relief remarquable : chaque couleur respire, chaque détail trouve sa place sans jamais étouffer l’émotion. Le mastering de Mike Grinser parachève cette impression de grandeur naturelle, ample mais jamais écrasante.

Le disque semble porter dans son image même son principe de fabrication : un abri rempli de planches, comme une réserve de formes futures. Tears of English Town donne l’impression d’avoir été construit ainsi : à partir de fragments, de couleurs, d’essences différentes, jusqu’à devenir une maison pop assez vaste pour accueillir Debussy, Wyatt, Jobim, Stereolab, les pluies anglaises et les soleils brésiliens.

Verdict du Solénopole

Tears of English Town est un enchantement patient. Un disque qui semble connaître les orages, les exils, les fins de saison, mais qui choisit malgré tout la couleur, la nuance, l’émerveillement. Boris Maurussane y bâtit une pop rare, à la fois aérienne et charpentée, fragile et somptueuse, comme une serre musicale où les mélodies pousseraient entre les planches, les cordes, les pluies et les étoiles.

Partipants et instruments — Autour de Boris Maurussane (voix, guitares, orgue Vox, synthétiseurs, harmonica et basse) gravite une chambre d’échos pop réunissant section rythmique, pianos, vents, cordes, contrebasse, harpe et vibraphonette. De Jean Thevenin à Jan Stumke, de Sandrine Marchetti à Laure Brisa et Bertrand Groussard, chaque timbre enrichit la palette. Les chœurs et voix invitées achèvent de faire de Tears of English Town un paysage collectif, ample et délicatement ouvragé.

Un disque qui transforme l’averse en architecture lumineuse, et les larmes en matière à rêver debout.

A propos de Boris Maurussane

Musicien, compositeur et arrangeur français, Boris Maurussane développe une pop d’orfèvre, à la fois intime, orchestrale et aventureuse. Son écriture fait dialoguer la chanson savante, le jazz arrangé, la musique brésilienne, les harmonies impressionnistes et certaines dérives psychédéliques.

Avec Tears of English Town, il pousse plus loin son goût des formes amples et des textures finement ciselées. Guitares, cordes, bois, cuivres, claviers et touches électroniques y dessinent une musique généreuse mais jamais saturée, où la sophistication reste toujours au service de l’émotion, de la lumière et du mouvement intérieur.

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