Pochette de l'album "IDUTYDU" par le groupe Frantx

FRANTX

IDUTYDU

experimental
Label

Carton Records & Standard in-fi

Origine

France, Italie

Année de sortie

2026

Pochette de l'album "IDUTYDU" par le groupe Frantx

FRANTX

IDUTYDU

experimental
Label

Carton Records & Standard in-fi

Pays

France, Italie

Année de sortie

2026

FRANTX | IDUTYDU

Et si le bug n’était plus l’accident, mais notre habitat naturel ? Avec IDUTYDU, FRANTX transforme la saturation contemporaine en terrain de jeu : onze morceaux traversés de glitch-noise, de punk spectral, d’hyperpop cabossée et de reggaeton passé au broyeur numérique. Un premier album fluorescent, instable et profondément vivant, conçu pour celles et ceux qui continuent de danser pendant que le monde affiche un message d’erreur.

Une poupée numérique ouvre les yeux

Sur la pochette imaginée par Rafaela Mascaro, un visage synthétique occupe tout l’espace. Sa peau irisée semble moulée dans une matière située quelque part entre le plastique, le brouillard et l’écran tactile. Ses yeux rouges ne regardent pas vraiment : ils scannent. L’image évoque une idole virtuelle tout juste réveillée, encore incapable de savoir si elle appartient au monde humain ou à la dernière mise à jour d’un logiciel émotionnel.

Cette ambiguïté irrigue IDUTYDU, acronyme de “I didn’t understand that you didn’t understand”. Une phrase en boucle, presque un dialogue entre deux intelligences qui auraient perdu le mode d’emploi de la communication. Chez FRANTX, l’incompréhension ne provoque pourtant pas le silence : elle produit du rythme, du bruit, des voix déformées et de nouvelles formes de désir.

Une rave dadaïste organisée dans les paramètres avancés d’un cerveau surchauffé.

Hypervitesse et jambes désobéissantes

Basé à Paris, le quatuor réunit Fanny Meteier au tuba, à la voix et au synthétiseur-jouet, Andrea Giordano à la voix, aux électroniques et au mélodica, Pierre Pradier aux guitares et à la voix, et Marco Luparia à la batterie, aux électroniques et au chant.

Leur musique ne repose pas sur une addition disciplinée de compétences. Elle organise plutôt leur collision. Le tuba cesse d’être uniquement un instrument grave pour devenir poumon mutant, basse difforme ou animal métallique. Les guitares se froissent dans des amplifications hétérodoxes. La batterie déplace le sol sous les pieds tandis que les voix, soumises au vocoder et à l’Auto-Tune, semblent chercher une issue entre le cri punk et l’avatar hyperpop.

FRANTX revendique ce brouillage des individualités, cette construction et cette destruction mutuelles. Entre improvisation, chansons et paysages électriques, le groupe élabore un collage dadaïste où une chaîne TikTok pourrait rencontrer la musique concrète dans les toilettes d’une rave clandestine.

Tracklist

IDUTYDU | 22 Mai 2026

Onze fenêtres ouvertes dans le même cerveau

“SORRY I’M FEELING EMOJI” tient en une minute trente-trois : le temps nécessaire pour transformer une humeur en pictogramme, puis pour découvrir que le pictogramme souffre davantage que nous. “PINGU TRAUMA” poursuit cette enfance détraquée, comme si une mascotte télévisuelle avait été abandonnée dans un entrepôt industriel.

Avec “LTB”, les formes se dilatent. La musique ne file plus seulement à grande vitesse : elle commence à plier l’espace. “ORGASMIC KITCHEN”, produite par Andrea Giordano, porte déjà dans son titre une collision entre plaisir, domesticité et surcharge sensorielle. Ici, les appareils ménagers pourraient se rebeller et former un groupe de techno corporelle.

Le diptyque “BARBIECUE” / “BARBIECODA” introduit une poupée moins docile que celle des vitrines. Le plastique fond, le rose devient corrosif et l’identité manufacturée finit sur le gril. Entre les deux, “ANSUM” entretient l’impression d’un langage qui se fabriquerait en temps réel, par fragments, bégaiements et impulsions électriques.

Point culminant de cette dérive, “BANANA PHONE BOI” déploie plus de six minutes d’un humour aussi absurde qu’inquiétant. Le téléphone-banane n’est plus un jouet : c’est peut-être le dernier appareil encore capable de joindre quelqu’un. Après la courte suspension de “VITTORIA”, “LIQUIFY” dissout ce qu’il restait de solide. Enfin, “FLY COMMUNICATION” tente une ultime transmission aérienne : un message lancé depuis une zone où les mots sont déjà devenus des insectes lumineux.

IDUTYDU s’incarne sur un vinyle jaune électrique, comme si FRANTX avait pressé un éclair dans la cire. Sous son visage synthétique aux yeux incandescents, l’album promet une danse radioactive entre hyperpop, noise et bugs sentimentaux.

Le sommeil paradoxal d’une génération qui refuse à la fois de grandir et de s’endormir.

Le politique sous le maquillage fluorescent

Derrière son carnaval numérique, FRANTX pose une question sérieuse : comment exister comme musicien·ne dans un présent qui transforme chaque geste en contenu, chaque identité en profil et chaque révolte en tendance passagère ?

Le groupe ne répond pas par un manifeste figé. Il revendique des manières d’être non binaires, ambiguës, mobiles, jamais en attente. La politique de IDUTYDU se loge précisément là : dans le refus de choisir entre naïveté et cruauté, composition et improvisation, beauté pop et abrasion noise.

La photographie du groupe le suggère également. Les quatre visages, empilés et teintés de bleu, de rose ou de vert, forment moins un portrait collectif qu’un organisme à plusieurs consciences. Personne n’y occupe durablement le centre. Chacun devient momentanément le rêve, l’oreiller ou le trouble de l’autre.

FRANTX enchevêtre les corps comme il télescope les sons : quatre présences colorées, superposées, presque fondues dans une même vibration collective. Entre abandon, tension et étrangeté pop, ce portrait agit comme un manifeste visuel où les identités se brouillent, se répondent et deviennent déjà une forme de musique.

FRANTX écrit notamment en piémontais et décrit son expression comme un grommelot arrabbiato réclamant de l’amour à travers un vocoder. Cette image pourrait résumer tout l’album : une langue cabossée, furieuse, parfois presque incompréhensible, mais dont chaque distorsion formule une demande de contact.

A propos de FRANTX

Basé à Paris, FRANTX est un quatuor glitch-noise qui ne mélange pas les genres : il les précipite les uns contre les autres jusqu’à provoquer de nouvelles réactions chimiques. Entre fantômes noise-punk, mumble trap, hyperpop, improvisation électroacoustique et musique concrète, le groupe façonne un univers d’hyper-vitesse dans lequel la chanson se dérègle, les voix réclament de l’amour à travers un vocoder et les instruments oublient volontairement leur mode d’emploi.

Autour du tuba, de la voix et du toy synth de Fanny Meteier, des voix, effets et machines d’Andrea Giordano, des guitares acoustique et électrique de Pierre Pradier, ainsi que des percussions, objets et dispositifs électroniques de Marco Luparia, FRANTX développe une musique fondée sur l’interaction, la métamorphose et la friction. Techniques étendues, amplifications hétérodoxes et extensions électroniques transforment le quatuor en organisme instable : chacun construit, dérègle ou détruit ce que les autres viennent de mettre en place.

Cette turbulence possède aussi une dimension politique. FRANTX interroge les rôles assignés aux musicien·nes, performeur·euses et compositeur·rices, tout en revendiquant des manières d’être non binaires, ambiguës et toujours en mouvement. Sa musique ne cherche donc pas seulement à produire des formes nouvelles : elle imagine d’autres façons d’exister ensemble.

Quelque part entre une chaîne TikTok entrée en collision avec Pierre Schaeffer et un carnaval punk diffusé depuis un futur déjà endommagé, FRANTX compose une musique pour danseur·euses aux jambes étranges. Un art brut, ludique et inquiétant, où le bug cesse d’être un accident pour devenir une possibilité d’évasion.

Fiche signalétique

IDUTYDU est paru le 22 mai 2026, en numérique et en vinyle, dans le cadre d’une coproduction entre Carton Records et Standard In-Fi. L’album a été produit et mixé principalement par Marco Luparia, avec Andrea Giordano à la production de “ORGASMIC KITCHEN”, puis masterisé par Nick Foglia.

Cru, naïf, cruel et intensément vivant, ce disque ne soigne pas les bugs de notre époque. Il les rassemble sur la piste de danse, augmente le volume et attend qu’ils développent enfin leur propre langage.

Carton Records — Paris · Fondé officiellement en 2011, Carton Rds célèbre quinze ans d’aventures sonores et près de 80 parutions. Structuré autour des séries croix-croix (XX), bâton (///) et rond (Ø), le label défend des musiques libres, exigeantes, parfois abrasives, parfois dansantes ou hypnotiques. Avec IDUTYDU, coproduit avec Standard In-Fi, Carton confirme son goût pour les œuvres qui déplacent les formes, relient les artistes et ouvrent les oreilles autant que les esprits.

Au verso d’IDUTYDU, FRANTX troque le visage numérique pour un portrait en noir et blanc, comme l’envers humain d’un rêve sous Auto-Tune. Entre sobriété graphique et vinyle jaune acide, le disque révèle sa véritable mécanique : quatre corps réels derrière une musique totalement mutante.

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