Pochette de l'album "Wandering Away Is Safer Than Getting Lost on Your Own" par l'artiste Giacomo Zanus

GIACOMO ZANUS

Wandering Away Is Safer Than Getting Lost on Your Own

jazzpost-rocksoundtracks
Label

Okum Produzioni

Origine

Bologne, Italie

Année de sortie

2026

Pochette de l'album "Wandering Away Is Safer Than Getting Lost on Your Own" par l'artiste Giacomo Zanus

GIACOMO ZANUS

Wandering Away Is Safer Than Getting Lost on Your Own

jazzpost-rocksoundtracks
Label

Okum Produzioni

Pays

Bologne, Italie

Année de sortie

2026

GIACOMO ZANUS | Wandering Away Is Safer Than Getting Lost on Your Own

Une petite cabane rouge et blanche, posée dans un paysage presque surexposé : voilà la porte d’entrée du nouvel album de Giacomo Zanus. Cinq ans après Kora, le guitariste et compositeur italien revient avec un disque de jazz contemporain traversé par le folk, le post-rock et l’art de la bande-son. Huit pièces comme autant de cartes postales adressées depuis un pays intérieur, là où souvenirs, lieux réels et visions rêvées cessent de se distinguer.

La cabane au bord du visible

La photographie de couverture ressemble à un décor abandonné entre deux mondes. Une construction minuscule, rayée de rouge, paraît attendre quelqu’un au milieu d’une lumière blanche et minérale. On pourrait y voir un poste de guet, une chambre d’écho ou le refuge provisoire d’un voyageur ayant quitté la route principale.

Cette image résume parfaitement wandering away is safer than getting lost on your own. Giacomo Zanus n’y raconte pas un voyage avec départ, itinéraire et arrivée. Il préfère ouvrir des passages. Sa musique avance par fragments, réminiscences et seuils entrouverts. Elle ne décrit pas les paysages : elle les laisse apparaître, comme une photographie se révélant dans un bain trop clair.

Le titre agit comme une boussole paradoxale. S’éloigner ne signifie pas fuir, mais se soustraire un instant à la rigidité du monde. Pour Zanus, le voyage peut devenir une résistance à l’hystérie du présent : non pas une solution, mais une autre manière de regarder ce qui nous entoure et, par ricochet, ce qui nous habite.

Voyager, ici, ce n’est pas changer de décor : c’est déplacer son point d’écoute.

Tracklist

Wandering Away Is Safer... | Avril 2026

Palomar, Maren et les fleurs d’adieu

Le disque s’ouvre avec « dear Palomar », adressé au personnage silencieux d’Italo Calvino. Palomar observe le réel avec une obstination presque douloureuse, persuadé qu’un regard suffisamment attentif finira peut-être par en percer le secret. Zanus en fait le manifeste discret de l’album.

« Nous sommes tous un peu comme Palomar. »

La phrase pourrait servir de légende à ces huit morceaux. Chacun tente d’approcher une chose fragile sans l’emprisonner : un lieu, un visage, une disparition, un souvenir.

Avec « return to Maren », le musicien revient vers Valmareno, son village natal situé entre Trévise et Belluno, dont le titre reprend le nom dialectal. Il ne s’agit pourtant pas d’un retour documentaire. Maren devient une géographie affective, recomposée par la mémoire, avec ses chemins déplacés, ses maisons agrandies par l’enfance et ses silences intacts.

Le diptyque « I picked up a flower to say hello » / « but hell… it became a farewell » transforme ensuite un geste minuscule en bascule émotionnelle. Une fleur cueillie pour saluer devient le signe d’un adieu. Entre les deux titres, toute une histoire demeure hors champ. Zanus ne l’explique pas : il en conserve seulement le tremblement.

La construction de la pochette semble contenir tout l’album. On imagine une lap steel contre un mur, une cithare sur une table, un synthétiseur dans l’ombre, quelques photographies et une fleur séchée. La cabane n’est peut-être pas un décor : elle serait la caisse de résonance visuelle du disque, l’endroit où les souvenirs changent d’acoustique.

Lorsque le disque s’achève, la cabane de la couverture semble toujours là. Mais sa porte, désormais, paraît entrouverte.

Une musique qui préfère suggérer

Dans « canto pagano », des réminiscences de Morricone et de Ry Cooder traversent une scène imaginaire où la poussière, la ferraille et le ciel semblent partager la même couleur. Le chœur de Giulia Deval, Natalia Rogantini et Alberto Visentin élargit cette impression de cérémonie sans religion précise, archaïque et cinématographique.

Plus loin, « half awake » installe une tension nocturne, presque post-punk, portée par la profondeur de la basse de Mattia Magatelli. « half asleep in the water », pièce la plus longue, suspend le temps dans un état intermédiaire : ni veille ni sommeil, ni immersion ni remontée. Enfin, « ymnus / vesper » referme l’album comme une lumière du soir, avec une douceur aérienne qui ne conclut rien mais laisse le paysage continuer au-delà du cadre.

Zanus joue de la guitare, de la lap steel, de la cithare, des synthétiseurs, des samples et de l’électronique. Pourtant, cette richesse ne produit jamais un empilement. Sa guitare reste une voix narrative : elle indique une direction, puis s’efface avant de devenir autoritaire.

Une cabane rouge posée au bord du paysage comme un refuge provisoire, et un vinyle noir prêt à ouvrir de nouveaux chemins. Avec ce disque, Giacomo Zanus transforme l’errance en territoire sensible, entre souvenirs, horizons imaginaires et dérives sonores.

Un quartet à respiration commune

Autour de lui, Giorgio Pacorig colore l’espace au piano, au Fender Rhodes, au Korg MS20 et au Farfisa. Mattia Magatelli donne au disque son assise organique à la contrebasse et à la basse électrique. Marco D’Orlando, aux percussions, à la batterie et au glockenspiel, fait circuler le temps avec une précision souple.

Le quartet ne fonctionne pas comme un soliste entouré d’accompagnateurs. Il avance comme un groupe de marcheurs ajustant constamment son allure. Composition et improvisation se relaient, se contaminent et ménagent des zones où l’écoute devient elle-même une forme de déplacement.

Un disque enregistré sur la durée

Paru le 17 avril 2026 chez Okum Produzioni, wandering away is safer than getting lost on your own appartient à ces albums qui refusent l’évidence immédiate. Il ne cherche ni l’effet spectaculaire ni la résolution. Il préfère la persistance d’une sensation, le contour incomplet d’un souvenir, la présence d’un chemin aperçu derrière les buissons.

Écrit, arrangé et produit par Giacomo Zanus, l’album a été enregistré et mixé par Matt Bordin à l’Outsideinside Studio entre novembre 2023 et mai 2025, avec des prises additionnelles réalisées par Zanus en 2024 et 2025. Cette longue maturation laisse à chaque morceau le temps de trouver sa propre météo.

wandering away is safer than getting lost on your own ne se contente pas de raconter un départ. Il invente cette sensation très rare d’être attendu quelque part, au bout d’un sentier que personne n’a encore tracé.

A propos de Giacomo Zanus

Guitariste et compositeur italien basé à Bologne, repéré parmi les talents émergents par Musica Jazz, Giacomo Zanus tisse depuis ses débuts un dialogue rare entre jazz contemporain, folk et musique électroacoustique, où la guitare devient une voix qui raconte autant qu’elle joue. Avec son nouvel album « wandering away is safer than getting lost on your own », porté par des complices comme Giorgio Pacorig, Mattia Magatelli et Marco D’Orlando, il transforme le voyage, réel ou rêvé, en une géographie intime faite de cartes postales sonores et de mélancolie lumineuse.

Depuis un moulin du XIXe siècle posé au bord de la Dora, Okum façonne à la main une musique populaire hors des sentiers battus, portée par des artistes audacieux et un son hyperréaliste travaillé de A à Z. Basé à Turin, ce label est né de la rencontre entre un producteur, Manuel Volpe, et une céramiste, Anna Basile, deux mains différentes, une même exigence artisanale.

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